L’ancienne écriture Hán Nôm vietnamienne

Ecrit par Guide francophone vietnam sur . Publié dans Culture et tradition

L’ancienne écriture Hán Nôm vietnamienne: Le Hán Nôm est l’alphabet vietnamien inspiré du chinois. Aujourd’hui quasi-oublié, il est pourtant un précieux témoin de l’histoire. Rencontre avec ceux qui tentent de lui redonner de la voix.

En dépit de son âge avancé, le professeur Trân Nghia n’a cessé ses activités professionnelles. Il traduit régulièrement des livres et divers documents, rédige ouvrages et articles de magazine, et part souvent en mission dans le cadre de programmes de coopération, au Vietnam comme à l’étranger.

L’ancienne écriture Hán Nôm vietnamienne

Il s’intéresse à tout ce qui est lié au Hán Nôm, du lexique aux scénarios de tuông (théâtre musical classique), en passant par l’écriture sino-vietnamienne. «Je m’occupe actuellement de 42 scenarii de +tuông+ en Nôm que la British Library a offerts à la Bibliothèque des sciences générales de Hô Chi Minh-Ville. Je veux inciter les jeunes à les traduire. Au-delà de la préservation d’une écriture ancienne, ce travail contribuera à faire renaître des pièces oubliées», confie-t-il.

Fin 2012, la Fondation de conservation du Nôm (The Vietnamese Nôm Preservation Foundation – VNPF) a honoré Trân Nghia du «Balaban Award», pour son soutien exceptionnel à cette écriture. Une véritable reconnaissance pour cet érudit qui a mené de nombreuses recherches en la matière.

Avant la victoire de Diên Biên Phu en 1954, Trân Nghia a quitté sa province natale de Quang Ngai (Centre) pour faire ses études en Chine. C’est à cette époque qu’il a réellement découvert le chinois et la littérature ancienne. Étudiant en sinologie, le Nôm est ainsi venu à lui naturellement. Comme un lien entre sa langue natale et sa langue de cœur. Il a commencé à se documenter sur les recherches effectuées dans le domaine.

Le professeur Trân Nghia est devenu directeur adjoint de l’Institut Hán Nôm au début des années 1980, et a pris sa tête quelques années plus tard. Il y a initié de nombreux travaux collectifs de recherches, redonnant à cette ancienne écriture un poids qu’elle avait perdu dans le monde littéraire. Outre la traduction et la rédaction d’un grand nombre d’ouvrages, il a écrit quelque 150 articles publiés dans des revues scientifiques : Magazine Littéraire, Recherches en Histoire, Revue Hán Nôm, Sciences Sociales, ou Études vietnamiennes. Parmi eux, bien des travaux ont été effectués en collaboration avec de jeunes chercheurs. «Je veux continuer à inspirer la nouvelle génération. Elle doit poursuivre ces initiatives», partage-t-il.

La relève de la jeunesse

L’ancienne écriture Hán Nôm

Il semble que les efforts du vieux chercheur commencent à payer. Une poignée de jeunes universitaires expriment de plus en plus le désir de prendre la relève. Ainsi, à un peu plus de 30 ans, Trân Trong Duong est déjà titulaire d’un doctorat dans ce domaine, et il coopère avec d’autres confrères du même âge, Tô Lan, Tuân Cuong, Pham Tuân. «Cette écriture est celle de nos pères. En la décryptant et en la comprenant, nous enrichissons notre bagage culturel et donnons une nouvelle dimension à la préparation de notre avenir», affirme-t-il.

Depuis une dizaine d’années, Trân Trong Duong participe à de nombreuses activités de recherche et de création d’art. Ce jeune calligraphe de style traditionnel a contribué à la naissance de la calligraphie contemporaine au Vietnam avec le collectif «The Zenei Gang of Five» il y a quelques années. Il a étudié beaucoup d’anciens textes bouddhistes traduits en Nôm. En 2009, il a publié un ouvrage de référence sur le zen (importante école bouddhiste), ainsi qu’une traduction de l’ouvrage du médecin et bonze supérieur Tuê Tinh, datant du XIVe siècle.

Récemment, un certain nombre de ses interventions et écrits liés à des événements historiques, à l’architecture, à la signification spirituelle et religieuse de la Pagode au pilier unique (Hanoi), abordés d’un point de vue différent de ceux des prédécesseurs, a attiré l’attention de l’opinion publique. Selon le professeur Trân Nghia, «il est vif d’esprit. C’est son meilleur atout. Il a déjà beaucoup d’expériences pour son âge».

Le trentenaire a par ailleurs l’intention de rédiger un dictionnaire sur les écritures nationales du Xe au XXe siècle, en se basant sur des documents en Nôm. Un travail qui lui prendra certainement plusieurs années.

Trân Trong Duong est déjà reconnu par la Fondation de conservation du Nôm (VNPF), qui lui a décerné le prix du «Jeune chercheur». Une récompense qui encourage ceux qui s’engagent dans une spécialité difficile, et dont l’image est plus que poussiéreuse.

Ethnie des LoLo noirs et des Lo Lo Barioles au Vietnam

Ecrit par Guide francophone vietnam sur . Publié dans Population & Ethnies du Vietnam

Ethnie des LoLo noirs et des Lo Lo Barioles au Vietnam: La région montagneuse au Nord du Vietnam est peuplée d’un grand nombre d’ethnies minoritaires dont les Lo Lo noirs. Qui sont – ils ? Est-il possible d’aller à leur rencontre ?

L’ethnie Lo Lo, appelée également O Man, Man Di, Man ou La La, est originaire du Yunnan en Chine. Dans les mouvements migratoires vers le Sud au 15ème et au 18ème siècle, une partie de cette population est venue s’installer dans le Haut Tonkin. Leur communauté au Vietnam se compose de près de 4000 individus vivant dans de profondes vallées des districts montagneux de Dong Van, de Meo Vac, de Bao Lac, dans la province de Cao Bang, et au district de Muong Khuong – province de Lao Cai. Ils se divisent en deux groupuscules : les Lo Lo noirs et les Lo Lo bariolés. Ces appellations sont dues aux couleurs de leurs costumes traditionnels.

Ethnie des LoLo noirs

Les LoLo vivent en hameaux dans les maisons sur pilotis construites dans des endroits hauts et secs, surplombant les vallées. Leurs villages, de taille plus importante que par rapport à celui des autres ethnies minoritaires, se composent de très belles maisons en bois et constituent de véritables musés vivants particulièrement intéressant à découvrir.

Les maisons Lo Lo noirs de Cao Bang sont aménagées suivant un même plan : l’espace à même le sol est réservé aux animaux d’élevage (bœufs, chevaux, porcs, volailles) et au stockage des outils de travail. L’étage, qui est unique, est l’espace réservé à l’homme et se divise en trois travées : la travée centrale comporte l’autel des esprits de la maison (endossé à la cloison postérieure) et, en face de celui-ci, tout près de la porte d’entrée, la cuisine. Les deux travées latérales servent de chambres à coucher.

La mode vestimentaire des LoLo reste traditionnelle, surtout chez les femmes. Les femmes Lo Lo noirs portent une tunique noire qui s’enfile à la manière des pulls et une jupe noire, longue et ample, pincée au niveau de la taille et des genoux. Les femmes Lo Lo bariolés portent quant à elles une sorte de veste décorée de triangles d’étoffe de couleurs différentes et un pantalon indigo.

Chaque lignée familiale Lo Lo comprend plusieurs branches dont les familles membres, très liées entre elles, habitent le même hameau. La fonction de chef de branche, toujours assumée par un homme, est fondamentale. C’est lui qui assure le culte des ancêtres, garantit la solidarité, conserve les tambours sacrés qui sont des instruments permettant la communication entre le monde des vivants et le monde des morts.

Ethnie Lolo au Vietnam

Les Lo Lo croient aux esprits et aux génies. Quand une personne meurt, sa famille organise pendant 3 jours « la danse de l’esprit » pour conduire son âme vers ses ancêtres. Des dizaines de bœufs et de porcs peuvent être abattus pour cet événement qui réunit toute la lignée familiale et tout le village. Diverses cérémonies sont organisées et les tambours sortis pour marquer le rythme.

Ethnie des LoLo noirs et des Lo Lo Barioles au Vietnam

Même s’ils vivent un peu à l’écart du monde et défendent farouchement leurs mœurs et coutumes, les Lo Lo sont extrêmement hospitaliers. Il n’y a pas d’ethnie qui puisse avoir des yeux aussi noirs et aussi beaux que les Lo Lo. Si les yeux sont les fenêtres de l’âme, nous pouvons dire que l’âme Lo Lo est aussi pure que l’air des forets qui les abritent.

Est-il possible d’aller à la rencontre des Lo Lo noirs?

Nous proposons différents circuits dans le Grand Nord du Vietnam, à la rencontre des ethnies minoritaires dont les lo lo noirs.

Les fleurs au Vietnam

Ecrit par Guide francophone vietnam sur . Publié dans Culture et tradition

Les fleurs au Vietnam: Les fleurs sont très présentes dans le quotidien et dans la culture vietnamienne. Elles marquent également le changement des saisons dans le pays. Je vous propose de découvrir dans quels cas elles sont utilisées et leurs significations.

Premièrement, on peut utiliser les noms des fleurs en tant que prénoms de filles. En voici quelques exemples :

Jardin-lotus

  • Anh Đào : fleur de cerisier
  • Mai : Prunier
  • Lan : Amaryllis
  • Cúc : Chrysanthème
  • Sen : Lotus
  • Mẫu đơn : Pivoine
  • Hoa hồng : Rose
  • Liên : lotus
  • Bạch Liên : lotus blanc
  • Hoàng Mai : fleur d’abricot jaune
  • Hồng : rose
  • Hồng Loan : phénix rose
  • Hồng Đào : rose et fleur de cerisier
  • Hồng Quế : rosier cannelle
  • Lưu Ly : myosotis
  • Ngoc Lan : ylang-ylang
  • Nhu Quynh : comme le rubis
  • Phong Lan : orchidée
  • Quynh Anh : beauté du rubis
  • Quynh Chi : branche de jade
  • Thủy Tiên : Jonquille
  • Truc Dào : laurier rose
  • Truc Mai : bambou et abricotier
  • Tu Quynh : joli rubis
  • Tuyêt Mai : fleur d’abricot blanc

La fleur de chrysanthème.

Durant votre voyage au Vietnam, vous pourriez visiter le marché nocturne de Quang Ba, district Nhat Tan à Hanoi où les fleurs envahissent toute la rue …

Les fleurs au Vietnam sont aussi utilisées dans le cadre de la religion comme par exemple le lotus et la tubéreuse, qu’on compare bien souvent à l’homme de part l’éthique confucéenne ou la religion du bouddhisme. Selon les anthropologues, le lotus est à l’origine de deux symboles différents : celui de la pureté (bouddhisme, vertu) et celui de la sexualité (culte de la fécondité). Par exemple, à Hanoi, vous pouvez voir les lotus devant la pagode du pilier unique.

Ces fleurs peuvent aussi figurer aux funérailles ou siéger sur l’autel des ancêtres à l’occasion des cérémonies rituelles.

On les utilise aussi dans la vie quotidienne, en tant que « décoration » souvent dans les lacs comme le lac Ho Tay à Hanoi (lotus), les bassins dans les temples ou chez les habitants … Nous retrouvons également la fleur de chrysanthème (fleur d’or), la fleur d’abricotier et de pêcher, qu’on achète ou qu’on offre car elles portent bonheur et chance ainsi que la fleur de « mille an » qui amène la prospérité chez soi. Il y a également les orchidées considérées comme une fleur « bourgeoise » et « oisive. Au fil du temps, sa beauté a été reconnue et popularisée.

D’autre part, elles peuvent servir de modèle d’art, comme motif décoratif sur broderie, tableaux, sculpture, artisanat, vaisselles, bibelots, architecture …

Offrandes-fleurs

Mais aussi pour la fabrication de vêtements comme l’habit à feuille de lotus qui désigne la veste féminine traditionnelle à col rebattu.

Vous pouvez prendre des médicaments à base de graine de lotus, on dit que ses graines peuvent avoir des effets de somnifère …

Et enfin, en cuisine, les graines et les racines tubéreuses du lotus entrent dans la composition de plats délicieux tels que le poulet ou pigeon cuit à l’étouffée (graines), ragoût de pattes de cochon (racine), graines de lotus comme dessert : Che sen ou en confiture. Maintenant, chers internautes, vous savez tout du lotus. Vous pouvez choisir de le voir, le sentir ou le déguster.

La fête de la mi-automne au Vietnam

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La fête de la mi-automne au Vietnam: La fête de la mi-automne (Têt Trung Thu en vietnamien) est célébrée le 15è jour du huitième mois du calendrier lunaire au cours de laquelle la pleine lune est la plus ronde et la plus lumineuse de l’année. C’est aussi pour cette raison que l’on l’appelle la fête de la pleine lune.

La fête de la mi-automne au Vietnam

Il existe plusieurs légendes se rapportant à cette fête traditionnelle. La mi-automne était à la base d’une fête agricole et astrologique célébrée dans plusieurs pays rizicoles d’Asie tels que le Vietnam, la Chine, la Corée du Sud et le Japon. Conformément aux croyances de l’époque, la lune représente la prénitude et la prospérité. Selon les ancêtres, le ciel et l’air au mois d’août lunaire sont idéaux (clair et pur) pour examiner la lune et d’où prévoir le résultat de la prochaine moisson.

L’origine de cette fête est également expliquée par la légende de chi Hàng Nga (la Déesse de la Lune) et de Chu Cuoi, un jeune bûcheron nommé Cuoi (Caillou) assis au pied du banian. La plupart des chansons concernant ce conte populaire est interprétée par les enfants à l’occasion de la fête lors du défilé des lampions en souvenir de leur histoire.

La fête de la mi-automne

C’est la raison pour laquelle, de nos jours, la fête de la mi-automne est devenue essentiellement une grande fête pour les enfants, mais les adultes participent aussi aux festivités.

A l’approche de la fête, la tradition est d’offrir des boites de gateaux Banh Deo (pain de riz gluant farcis en forme de disque lunaire) et de Banh Nuong (gâteaux cuits au four diversement farcis) à la famille et aux proches.

Cette année, la fête de la mi-automne tombe au 29 Septembre. Mais de nombreuses activités sont déjà organisées depuis quelques semaines dans le vieux quartier de Hanoi. Les enfants sont amenés par leurs parents à la rue Hàng Ma pour acheter de beaux jouets ou particper à des jeux populaires et voir des spectacles du dragon dans les rues Hang Dao, Dong Xuan, Hang Giay, Ma May, Hang Buom ou Hang Bac.

Pendant cette fête, le quartier est devenu très animé et coloré grâce à de centaine de stands exposant des marionnettes, des lanternes, des masques qui sont attirés par non seulement des enfants mais également de leurs parents et même des visiteurs étrangers.

Aussi à l’occasion de cette fête, le musée d’ethnigraphie du Vietnam organise de plusieurs activités autour du thème « Les jouets traditionnels » pendant les 2 jours du 29 et 30 Septembre (soit le 14è et 15è jours du mois Août selon calendrier lunaire).

La fête de la mi-automne Vietnam

En province de Quang Nam, la fête est également très animée avec les numéros des chants et des danses présentés par les artisans de Hoi An tels que la danse de la licorne, la danse thiên câu (une danse pour la paix, la prospérité et une vie stable), des chansons folkloriques de Quang Nam … Les artisans de Hoi An enseignent également aux visiteurs la fabrication de lanternes, une spécialité de l’ancienne cité de Faifo.  Toujours à cette occasion, les visiteurs sont ainsi invités à apprécier la gastronmomie traditionnelle de Hoi An en dégustant le Cao Lau, la soupe de vermicelle Quang.

La course de boeufs des Khmers à An Giang

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La course de boeufs des Khmers à An Giang: Le Dolta, cérémonie propitiatoire et à la mémoire des ancêtres, est une des trois fêtes traditionnelles importantes des Khmers dans les provinces du Sud-Ouest.

A l’occasion de cet événement culturel, les autorités locales organisent une grande course de bœufs dans la région de Bay Nui (littéralement Sept montagnes, province d’An Giang) du 08 Septembre 2012 au 04 Octobre 2012. Grâce à ses spécificités culturelles, cette activité attire des dizaines de milliers de spectateurs enthousiastes, pour la plupart d’ethnie khmère, venus des provinces de Tra Vinh, Soc Trang et même du Cambodge.

La course de boeufs des Khmers à An Giang

Deux mois avant le concours, les bœufs candidats suivent un régime spécial, alimentaire et physique. Ces bœufs ne doivent pas travailler et sont soignés très minutieusement. Outre des herbes jeunes, ils sont nourris avec des œufs, du lait, même du miel mélangé avec du son.

Chaque jour, ils font une dizaine de kilomètres pour entraîner leur endurance, et tous les trois jours, ils pratiquent une course d’essai sur les champs.

Course de boeufs An Giang

La course de bœufs retentit des hurlements de milliers de poitrines, qui encouragent leur paire de bœufs de leur village.

L’arène est un espace d’environ 80-120 m de large et 150-200 m de long, entouré par des diguettes en terre réservées aux spectateurs. La piste sur la rizière est d’une longueur de 100 m et d’une largeur de 8 m.

Le concours regroupe 38 paires de bœufs lors des courses communales. Tous les bœufs sélectionnés sont beaux à voir: tête massive, dos droit, queue longue, oreilles petites et courtes, cou rond, yeux doux…

La course se divise en deux cycles : hu et tha. Lors du cycle hu, deux paires de bœufs font deux tours de l’arène pour le défilé et la préparation. Au deuxième cycle, cycle du tha, la vraie course commence. Au contraire du premier, le paire de bœufs a le droit d’empiéter sur la ligne du voisin et marcher sur la herse de l’adversaire.

La course de boeufs des Khmers An Giang

Lors de la course, les « jockeys », qui sont également les propriétaires et entraineurs des bœufs, commandent leurs animaux avec un fouet en rotin ou une baguette en bois, appelée xà lu.

Tous les spectateurs attendent la victoire des bœufs de leur village, qui rejaillira sur toute la communauté. Les « jockeys » font tous leurs efforts pour conduire leurs bœufs à gagner le concours car les bœufs gagnants, selon eux vont apporter la joie, la chance et aussi la gloire au village.

Les héroïnes soeurs Trung et symbole du patriotisme

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Les héroïnes soeurs Trung et symbole du patriotisme: L’histoire vietnamienne reste marquée par la luttre contre les invasions étrangères pendant plus de dix siècles. Parmi d’innombrables soulèvements et rebellions pour protéger le pays de la domination chinoise, la rébellion des sœurs Trung (Hai Ba Trung) est restée dans l’histoire nationale comme un des premiers grands actes de résistance.

Connues en vietnamien sous le nom de Hai Ba Trung, littéralement « les 2 dames Trung », et individuellement comme Trung Trac et Trung Nhi, les sœurs Trung (12-43 après Jésus-Christ) sont considérées comme des héroïnes nationales vietnamiennes. Elles sont nées dans un village du nord au Vietnam, au sein d‘une famille de militaires. Elles bénéficiaient donc de son père, le préfet de Me Linh, d’une formation aux arts martiaux et aux arts de la guerre.

Les héroïnes soeurs Trung

En année 39, Thi Sach, le mari de Trung Trac était assassiné par To Dinh, commandeur chinois de la province Giao Chi lors de son révolte contre la domination de l’Empire chinois. En l’an 40, Trung Trac et sa sœur Trung Nhi ont réussi à rallier les patriotes et reconquérir le pays. Elles se proclamaient reines.

Pourtant, après quelques victoires, les chinois étaient revenus en 43. Vaincues à la bataille de Lang Bac, les sœurs Trung ont commis le suicide en se jetant dans le fleuve Hatmon. Leurs corps pétrifiés auraient flotté jusqu’à la berge Dông Nhân (aujourd’hui dans la banlieue de Hanoi). La population leur a élevé un temple qui tombera en ruine à la suite de fortes crues du fleuve Rouge. L’édifice a été transféré en 1819 au village Dông Nhân – actuellement rue Dông Nhân à Hanoi.

L’épopée des sœurs Trung reste gravée dans l’esprit et dans le cœur de tous les Vietnamiens. Elles ont réussi à repousser victorieusement pendant trois ans les attaques chinoises au Vietnam. Un autre facteur qui explique le prestige éternel des sœurs Trung c’est qu’elles sont des femmes qui prennent les armes pour protéger le pays. Elles méritaient de devenir des héroïnes de l’indépendance nationale et être le symbole du patriotisme.

Temple des soeurs Trung

Rien que dans Hanoi et ses 3 provinces voisines, on a dénombré quelque 200 temples dédiés aux Deux Dames Trung et à leurs femmes-lieutenants.

Chaque année, la fête des Sœurs Trung est célébrée en grande pompe du 3è au 5è jour du 1er mois lunaire pour commémorer leur disparition. Un district à Hanoi porte leur nom, tout comme de nombreuses rues et de nombreuses écoles à travers le pays.

Les activités culturelles pendant la fête du Kate

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Les activités culturelles pendant la fête du Kate: Comme chaque année, la fête traditionnelle du Kate, le nouvel an cham aura lieu à la tour Po Klong Girai, dans la province de Ninh Thuan afin d’honorer les derniers rois chams, de s’attirer la clémence divine et d’amener de bonnes récoltes. La fête durera pendant trois jours le 30, 01 et 02 Juillet selon le calendrier cham (c’est à dire le 14, 15 et 16 Octobre).

A l’occasion de ce grand événement, afin de soutenir des initiatives locales comme la promotion des grandes fêtes traditionnelles, la Maison de la Culture Chame a planifié un vaste programme d’activités culturelles pour les visiteurs et les habitants locaux de la province Binh Thuan afin de les faire s’immerger dans cette culture centenaire du Sud Vietnam.

Les activités culturelles pendant la fête du Kate

Date et Lieu :

Cet événement aura lieu le weekend du 20 et 21 Octobre  (le 6 et 7 Juillet du calendrier Cham) au Centre culturel des Chams à la province de Binh Thuan.

Objectif :

L’objectif de ce programme est de développer, promouvoir et diffuser des valeurs culturelles chame en créant une ambiance chaleureuse, conviviale et accueillante dans la province.

En variant annuellement des activités traditionnelles et culturelles, le Centre culturel souhaite créer une grande accessibilité aux visiteurs et ainsi aux habitants locaux à la culture chame. Ces activités vont contribuer à créer une opportunité de rencontres et d’échanges pour tous ceux qui souhaitent découvrir profondémment les caractères culturels spécifiques de l’ethnie chame.

En même temps, ces activités permettent de faire prendre conscience à tous les habitants de la province de Binh Thuan, surtout les Cham, d’être fier de leur origine et de leur culture traditionnelle.

Participants :

A l’occasion de cette fête, l’organisme a invité un maitre du groupe des Chams Balamon pour accomplir la cérémonie rituelle.

La cérémonie rituelle est une des activités principales de la fête

Les invités de cet événement

Activités artistiques et culturelles:

Afin de faire mieux comprendre aux visiteurs les valeurs culturelles chame, la maison de la culture chame prépare un stand d’exposition des objets culturels et historiques. Les visiteurs pourront y découvrir la manière de préparer et de disposer les offrandes pour invoquer les esprits et les ancêtres devant l’autel de Shiva.

Derrière la fumée d’encens, les visiteurs auront l’occasion d’écouter Ong Kadhar (l’homme qui joue de l’instrument de Kanhi, le barde avec son violon à deux cordes) chanter les chansons rituelles.

Durant la visite du stand, les visiteurs seront accompagnés par un guide pour pouvoir mieux comprendre l’histoire et la croyance des royaumes du Champa.

Les visiteurs auront également l’occasion de découvrir l’ancienne décoration Chame et d’écouter leur musique traditionnelle afin de mieux s’immerger dans l’ambiance de la fête du Kate.

Le Centre culturel prépare un deuxième stand d’exposition des produits de tissage et en porcelaine. Les artistes de ces arts traditionnels y représenteront directement leurs techniques ancestrales.

Durant l’événement, les artistes traditionnels présenteront des numéros des danses et des chants comme par exemple « Danse de la fête Kate », « Danse de la fête Ngap Kareh », numéro de khène Sarania, etc …

Les visiteurs seront initiés à la technique des instruments traditionnels des Cham comme le tambour Ginang, Baranung.

Afin d’attirer davantage de visiteurs, l’organisme propose également aux visiteurs des concours comme par exemple le concours de tambour Ginang, le concours de fabrication des gâteaux au gingembre et de disposition des offrandes pour invoquer les mânes, et le concours de l’écriture traditionnelle des chams (Akhar Thrah)…

Hors des activités organisées au Centre culturel des chams, les visiteurs auront l’occasion de découvrir, au village Tinh My, à 3 kilomètres du Centre culturel, une collection des anciens patrimoines de la famille royale Cham de Po Klaon Manai (au milieu du 17è siècle). Ces derniers sont classés comme vestige historique national.